Grand Orchestre Septentrional d’Haïti

Septen en vertLe Grand Orchestre Septentrional d’Haïti est la plus ancienne de toutes les formations musicales encore en exercice, en Haïti : fondée en 1948, elle a 66 ans d’existence continue, et plus de 300 titres enregistrés, qui témoignent de l’évolution de la musique populaire urbaine au XXème siècle..

Né en juillet 1948, au Cap Haïtien, l’Orchestre Septentrional se limite d’abord à reprendre les succès de l’époque avant de créer son propre répertoire basé à la fois sur les rythmes locaux, méringues et rythmes issus du vodou, et sur les rythmes latino-américains à la mode : bolero, pachanga, merengue, mambo, ranchera, etc. A partir des années 60-70, il est confronté à la concurrence des groupes de Port-au-Prince et au succès grandissant du konpa, qui s’impose jusqu’à nos jours comme la musique de danse haïtienne. Il crée alors la nouveauté en élaborant son propre schéma rythmique, baptisé « boule de feu » ou « rythme de feu », caractérisé par le jeu simultané du tambour, de la batterie et de la contrebasse. Avec le déclin des grands orchestres et l’exil de quelques autres, c’est l’âge d’or de « Septen » : il occupe le devant de la scène et gagne toutes les classes sociales, dans l’ensemble du pays, où résonne sa section de cuivres composée de trois sax et trois trompettes. Viennent ensuite les années noires, marquées par la disparition de plusieurs musiciens compositeurs et de Roger Colas, le chanteur-vedette qui a accompagné l’orchestre pendant plus de vingt ans.

Puis à nouveau, la renaissance de l’Orchestre au début des années 2000, avec le changement de direction musicale et le recrutement d’une nouvelle génération de musiciens. Rajeuni, Septen regagne alors du terrain jusqu’à obtenir, en 2013, le titre de Champion du Carnaval National tandis qu’un documentaire du réalisateur américain Whitney Dow, When the drum is beating, le met en vedette sur les écrans du monde entier et que le succès du CD « Pi Douvan » réconcilie localement les générations de fans de tous les âges.

Aussi infatigable qu’indémodable, l’Orchestre Septentrional, véritable institution de la musique haïtienne, continue de sillonner Haïti, au son des meringues, konpa, bolero et autres « rythmes de feu », reprenant ses innombrables succès, régulièrement augmentés de nouveaux titres.

 

SEPTENT by Alain Mercier 2010 (06)

The Septentrional Orchestra of Haiti is the oldest of all the musical groups still active in Haiti: with 66 years of uninterrupted existence, with more than 300 recorded titles, that show the evolution of the urban popular music during the XXth century.

Funded in July 1948, in Haitian Cap, North of the country, the Septentrional Orchestra was limited to the interpretation of local and Latin-American successes, before they created their own repertoire based both on local rhythms, meringues and voodoo rhythms, and Latin-American rhythms in fashion : bolero, pachanga, meringue, mambo, ranchera, etc. From the 60-70’s, the orchestra had to face the competition of Port of Prince bands and the success of konpa, that imposed itself until now as the Haitian music danse. Septentrional Orchestra innovated with its own rhythmic diagram, called “swell of fire” or “rhythm of fire”, characterized by the simultaneous play of the drum, the congas and the bass guitar. With the decline of the big bands and the exile of some others, began the Golden Age of Septen : it occupied the front of the scene and gained support in all the social classes, in the entire country, where sounds from its wind section made up of three sax and three trumpets resonated loudly. Then came the lean years, marked by the disappearance of several icon musicians such as Roger Colas, the exceptional singer which accompanied the orchestra for more than twenty years.

Then, again, the revival of the Orchestra during the first decade of this century, with the change of the musical direction and the recruitment of a new generation of musicians. Septen regains lost ground until they won in 2013 the title of National Carnival Champion while a documentary of the American director Whitney Dow, When the drum is beating, put them in the center of a worldwide attention and the success of the CD « Pi Douvan locally reconciles youngest and oldest fanatics in Haiti.

Indefatigable, the Septentrional Orchestra, true institution of the Haitian music, thus continues to furrow Haiti, with the sound of meringues, konpa, bolero and “rhythms of fire” compositions from its innumerable successes of the golden era augmented by new titles.

 


Références : Festival Musiques Métisses (2007) / Festival d’Eté de Québec, Midsummer Night Swing at Lincoln Center, Montréal Jazz Festival, Music Without Borders (Chicago), Ottawa Blues Festival, River to River festival, Sunfest de London, Toronto Harbourfront Centre (2010)

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