Table ronde sur Culture et Développement aux Cayes

Dans le cadre du projet REVIV, la FOKAL organise une série de tables rondes dédiées à la compréhension et au renforcement de l’Économie Orange haïtienne. Après une première rencontre tenue le mercredi 20 mai 2025 au Cap-Haïtien, la deuxième table ronde se tiendra le vendredi 22 mai 2025 aux Cayes, à l’Alliance française, réunissant artistes, professionnels de la culture et acteurs du développement local.

Le projet REVIV – Revitalizasyon ak Vizibilite sektè kiltirèl ayisyen an – est une initiative de FOKAL financée par l’Union européenne. Il vise à redynamiser le secteur culturel haïtien en encourageant la création et la diffusion de l’art sous toutes ses formes, notamment par les nouvelles technologies et les médias numériques.

L’Économie Orange désigne l’ensemble des activités par lesquelles des idées se transforment en biens et services culturels et créatifs – musique, danse, théâtre, arts visuels, architecture, design, artisanat, mode, numérique – dont la valeur peut être protégée par des droits de propriété intellectuelle. Ces tables rondes posent la question centrale : la culture peut-elle être un moteur de développement économique et social en Haïti ?

Après une première table ronde avec des acteurs du Nord, la deuxième table ronde se déroulera aux Cayes, à l’Alliance française, avec des intervenants locaux établis dans le Sud. Elle mettra en lumière les réalités économiques du secteur culturel dans cette région et explorera des pistes d’innovation et de développement.

 

Les intervenants des Cayes

Chelton Aïs : Créateur de contenu, photographe et co-fondateur de la plateforme « Sa Kap Fèt Okay », dédiée à la valorisation des activités culturelles, éducatives et sociales du Grand Sud.

Stherlaugh Cazeau : Étudiant en génie civil et praticien de l’impression 3D, formé dans le cadre d’un projet d’innovation technologique conduit par l’UNESCO en Haïti. Il allie construction, design et technologies numériques.

John Peter Stinvil : Auteur, journaliste culturel, fondateur du Salon du Livre des Cayes et responsable de la librairie Horace Pauleus Sanon. Il milite pour une culture accessible et ancrée dans les réalités sociales du pays.

Michèle Lemoine : Comédienne, metteure en scène, réalisatrice et formatrice. Ancienne coordinatrice du programme Arts et culture de la FOKAL (2007–2022) et directrice artistique du Festival Quatre Chemins. Elle est depuis novembre 2025 directrice exécutive de la Fabrique des arts aux Cayes.

Les échanges porteront sur la viabilité économique du secteur culturel dans le Sud, depuis la capacité des artistes et créateurs à vivre de leur art jusqu’aux modèles de développement les plus prometteurs. Seront également explorés le rôle des outils numériques et des nouvelles technologies dans l’émergence de nouveaux marchés locaux, ainsi que les défis de la diffusion et de la commercialisation dans le secteur du livre, avec en toile de fond une réflexion commune sur les conditions d’une économie culturelle durable en Haïti

INFORMATIONS PRATIQUES

Date : Vendredi 22 mai 2025, 5pm

Lieu : Alliance française des Cayes, Les Cayes

Événement ouvert au public

Table ronde sur Culture et Développement au Cap Haïtien

Dans le cadre du projet REVIV (Revitalizasyon ak Vizibilite sektè kiltirèl ayisyen) de FOKAL, financé par l’Union européenne, Caracoli organise une table ronde à Cap-Haïtien consacrée à l’économie de la culture en Haïti.

L’événement réunit artistes, opérateurs et professionnels reconnus autour d’une question centrale : la culture haïtienne moteur de développement économique et social ?

La discussion s’articulera autour cette question et, plus précisément, autour des expériences actuelles et des projets innovants envisageables pour l’avenir.

Cette rencontre s’inscrit dans la perspective de l’ « Économie Orange »,  qui appréhende la culture non seulement comme contenu, liée à l’identité, aux arts ou au patrimoine, mais surtout comme secteur productif à part entière, capable de générer des ressources, de créer des emplois et de transformer des idées en biens et services à valeur économique.

Les intervenants

Schebna Bazile est dramaturge et opératrice culturelle. Avec plus de dix-huit pièces originales présentées dans des festivals majeurs, elle coordonne depuis 2014 des projets culturels à impact social avec les jeunes du Nord d’Haïti, à la croisée de la création artistique et du développement communautaire.

Émile Jr. Eyma est agronome, sociologue et Directeur de l’IRATAM. Président du Conseil d’Administration de la Société Capoise d’Histoire et de Protection du Patrimoine, il est également co-fondateur et Président du Comité Directeur du Musée des Beaux-Arts du Cap-Haïtien (BOZAR-CAP). Son engagement couvre la recherche, la valorisation du patrimoine et l’animation culturelle au service des communautés de base.

Onésime Fenor est gestionnaire comptable, entrepreneur et musicien – pianiste et violoniste. Co-propriétaire de MO Service Maritime et directeur adjoint de Cap Shipping S.A., il est également propriétaire d’une résidence touristique et d’un bar-restaurant. Membre fondateur et Vice-Président du CEMUCCHA (Cercle de Musiciens Chrétiens Capois), son profil illustre concrètement les liens entre économie et culture.

Georges Harry Rouzier est photographe documentaire et photojournaliste, membre fondateur du collectif K2D. Auteur de cinq publications et d’une dizaine de documentaires photographiques, il a collaboré avec la presse locale et internationale ainsi qu’avec plusieurs ONG. Récemment, il a développé en parallèle des compétences en programmation informatique, incarnant les défis et les reconversions que traversent de nombreux artistes professionnels en Haïti.

La table ronde se tiendra le mercredi 20 mai à 10h à l’Alliance française du Cap-Haïtien dans le cadre du projet REVIV, mis en œuvre par la FOKAL avec le soutien financier de l’Union européenne. Une seconde conférence est prévue aux Cayes.

Le Rara d’Haiti prêt pour la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO

Crédit photo : Andrea Ruffini

Caracoli et d’autres acteurs haïtiens engagés dans la sauvegarde du Rara se félicitent que le dossier technique en vue de l’inscription du Rara d’Haïti sur la « liste du Patrimoine Culturel Immatériel nécessitant une sauvegarde urgente » de l’UNESCO soit désormais prêt.

Cette démarche s’inscrit dans la continuation les efforts déployés depuis une dizaine d’années par l’État et d’autres parties prenantes pour sauvegarder le Rara, qui a été qualifié par l’UNESCO, en 2011, de « première tradition native d’Haïti ».

Parallèlement aux efforts continus des communautés, qui ont à réaliser cette fête annuelle, dans des conditions économiques et sociales chaque fois plus difficiles, le Ministère de la Culture et de la Communication a entrepris plusieurs actions. Dès 2004, il a, par exemple, encouragé la fondation de l’Union des Raras de Léogane (URAL), qui fédère entre les trente-deux bandes de la région et sert d’intermédiaire auprès de l’État et des autorités locales.

L’URAL a justement participé aux ateliers de renforcement des capacités communautaires portant sur la mise en œuvre locale de la Convention de 2003 de l’UNESCO, ateliers co-organisés par le Ministère de la Culture et de la Communication et l’UNESCO, en concertation avec le Bureau National d’Ethnologie (BNE) et la Commission Nationale Haïtienne de Coopération avec l’UNESCO, en 2019. Ces ateliers ont donné lieu, notamment, à la production d’un court-métrage documentaire sur le Rara de Léogane et à la réalisation d’une fiche d’inventaire dédiée.

Le Ministère de la Culture et de la Communication a également inscrit le Rara sur le Registre du Patrimoine Culturel Immatériel Haïtien en octobre 2019.

De son côté, Ref-culture a inclus cette pratique dans les manuels scolaires consacrés au Patrimoine Culturel Immatériel.

Enfin, Caracoli, qui encadre la bande à pied Follow Jah depuis plus de dix ans, a conçu et mis en œuvre plusieurs activités, parmi lesquelles un atelier pédagogique sur la musique du rara avec la bande à pied Follow Jah, présenté régulièrement dans les écoles en Haïti et à l’étranger, un atelier hebdomadaire de pratique musicale rara pour les enfants du quartier de Berthé (depuis 2016) ou encore une journée d’étude sur la musique du rara en 2014 avec l’Université d’État d’Haïti (IERAH/ISERSS) ou la publication d’un article sur le rara dans la musique haïtienne dans la revue Conjonction en 2014.

A noter que la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel offre plusieurs dispositifs complémentaires au niveau international pour soutenir la sauvegarde : en plus de la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, une Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, et un Registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

Sur le net :

Publication de la cartographie de l’industrie haïtienne de la musique

Sur le net:
– Maghaiti : http://www.maghaiti.net/selon-une-etude-scientifique-le-konpa-nest-pas-le-genre-musical-dominant-en-haiti/
– Le National : http://www.lenational.org/konpa-ne-domine-marche-de-musique-haiti/
– Le Nouvelliste : Le droit d’auteur en Haïti, un manque à gagner dans le secteur musical haïtien
– Le Nouvelliste : Ayiti Mizik publie la cartographie de l’industrie haïtienne de la musique
– Le National: http://www.lenational.org/rapport-de-cartographie-de-lindustrie-haitienne-de-musique/

De la Caraïbe au Costa Rica

La directrice de Caracoli, Pascale Jaunay, s’est rendue au Costa Rica au début du mois de juillet à l’invitation de l’Université du Costa Rica. Celle-ci, pour la première fois, organisait un colloque en amont du festival de calypso dans le village de Cahuita.

Appelé aussi « Kaiso », le calypso est une musique née à Trinidad et Tobago, d’héritages à la fois africains et européens. Il a essaimé au sein de la Caraïbe, notamment au Venezuela, à la Jamaïque et en Amérique centrale, au gré des migrations des travailleurs insulaires. C’est de cette manière qu’il est arrivé sur la côte caraïbe du Costa Rica, il y a à peu près un siècle et demi. Le calypso y a évolué de manière propre et constitue désormais une des musiques nationales du Costa Rica. Depuis quelques années, un festival lui est consacré dans le village de Cahuita, où réside également un de ses plus illustres représentants, Walter Ferguson.

Cette année, à l’occasion de la cinquième édition du Festival International de Calypso, à la demande de la communauté, du 10 au 12 juillet, la chaire d’études de l’Afrique et de la Caraïbe de l’Université du Costa Rica a proposé un forum international sur le thème : « Le calypso, le calypsonien, Anansi et autres griots », afin d’étudier leur rôle social, leur lyrique, leurs récits, ainsi que leurs formes, ressemblances et différences.

Dans ce cadre, Pascale Jaunay a élargi la problématique aux défis actuels que rencontrent les musiques traditionnelles dans la Caraïbe, face aux mutations de la société (croissance démographique, concentration urbaine, mondialisation) et aux modifications des pratiques (amplification, mise en scène, événementialisation et passage à une économie de marché). Les autres communications ont porté sur des aspects multiples liés au calypso, depuis son origine et son évolution récente à Trinidad, en passant par l’histoire de la province caraïbe du Costa Rica, jusqu’au développement actuel du calypso costaricien et des pratiques qui lui sont liées (conte, danse, et vie communautaire).

Le Festival International de Calypso a fait suite au forum, du 13 au 16 juillet, avec des ateliers, des discussions, des représentations de danse et des concerts de groupes locaux et internationaux, en provenance du Panama et de Colombie.

L’association du forum universitaire au festival a ainsi constitué une expérience originale et novatrice au cœur de la communauté, où chercheurs et porteurs de tradition ont pu réfléchir, débattre et échanger dans une ambiance où la fête est aussi riche de plaisirs que d’enseignements.

« Le rayonnement de la musique haïtienne dans le bassin caribéen » (Séminaire Histoire et Culture de la Caraïbe, IPGH, Santo Domingo, 27-29 août 2015)

Afiche Seminario CaribeDu 27 au 29 août, Caracoli a été représenté au séminaire « Histoire et Culture de la Caraïbe », organisé par l’Institut Panaméricain de Géographie et d’Histoire, à l’UASD (Université Autonome de Santo Domingo), République Dominicaine.

L’Institut Panaméricain de Géographie et d’Histoire est un organisme scientifique et technique, dépendant de l’Organisation des Etats Américains (OEA), qui se consacre à la production et au transfert de connaissances spécialisées dans les domaines de la cartographie, de l’histoire et de la géophysique tout en veillant à la formation continue des chercheurs et à la communication entre les institutions scientifiques des Etats Membres.
Dans le souci d’oeuvrer à l’intégration régionale par le biais de la culture, la section dominicaine de l’IPGH a organisé le séminaire « Histoire et Culture de la Caraïbe » en intégrant, en plus de ceux des géographes et des historiens, le point de vue de différents chercheurs de la région, anthropologues et spécialistes de littérature et de musique de la Caraïbe.

Le programme du séminaire du mois d’août 2015 a ainsi alterné les discours généraux (Dra Celsa Albert : « El Caribe: confluencia continental, diversidad e identidades »; Héctor Luis Martínez : « Diferentes conceptualizaciones del Caribe »; Dr Carlos Esteban Deive: « Formación de las sociedades caribeñas actuales » entre autres) et les études de cas précis, portant sur l’archéologie (José Guerrero : « Arqueología e historia en el origen del Caribe ») ou la littérature (Avelino Stanley: « Gamboa Road Gang, Limon Blues y Tiempo muerto: Tres goletas repletas de inmigrantes angloantillanos en cabotaje permanente por el Caribe »; Dra. Liliana Weinberg: « Geopoética del Caribe »; Nina Bruni: « La narración del Caribe afroantillano en Calypso de Tatiana Lobo). La musique a également été à l’honneur à travers trois conférences embrassant différents aspects dans une perspective transnationale, voire transcontinentale. Errol Montes Pizarro a retracé partie des influences caribéennes sur la production musicale africaine du XXème siècle, notamment du Sénégal au Congo en passant par la Sierra Lone (« La música afrocaribeña: banda sonora del Panafricanismo »). De son côté, Edis Sanchez s’est arrêté sur le cas du rara / gagá qui dépasse les frontières haïtiennes pour atteindre Cuba, la République Dominicaine et les Etats-Unis (« El gagá entre Haití-Rep. Dom., Cuba, Miami y New York »). Enfin, Pascale Jaunay, directrice de Caracoli a brièvement retracé les diverses influences de la musique haïtienne sur la production musicale caribéenne depuis l’époque de la Révolution haïtienne à nos jours (« La música haitiana y su influencia en el Caribe »).
L’ensemble des conférences a alimenté la vision d’une Caraïbe à la fois une et plurielle, dont les nombreuses interrelations façonnées par l’histoire gagneraient être à revisitées plus systématiquement par les chercheurs.
Dans cette perspective, l’IPGH prendra soin de publier les différentes communications du séminaire « Histoire et Culture de la Caraïbe ».

Enfin, les intellectuels, chercheurs et universitaires dominicains ont manifesté plus spécifiquement leur désir de multiplier les échanges et les productions avec leurs collègues haïtiens pour une plus grande connaissance et une meilleure compréhension réciproque.

Sur le net:
– Haitiinfoplus.com: Le rayonnement de la musique haïtienne dans la Caraïbe

Trovadores et troubadours au Congrès International “Musique, Identité et Culture dans la Caraïbe” (MIC)

MIC afichePour la troisième fois consécutive, Caracoli a participé au Congrès International “Musique, Identité et Culture dans la Caraïbe” (MIC), qui s’est déroulé du 10 au 12 avril passés, au Centro León de Santiago de los Caballeros (République Dominicaine). Après le jazz et les musiques traditionnelles, la sixième édition du Congrès s’est intéressée au monde des troubadours de la Caraïbe insulaire et continental. L’image des troubadours s’est déclinée en de multiples facettes de la chanson à texte, d’inspiration poétique ou socialement engagée.
La contribution de Pascale Jaunay, directrice de Caracoli, portait sur les troubadours populaires haïtiens et la réception, en Haïti et à l’étranger, des dernières productions discographiques du genre.
La discussion qui a suivi a permis d’insérer le phénomène haïtien dans un mouvement plus ample, qui embrasse toute la Caraïbe en essaimant de multiples formes similaires. Des contacts ont ainsi été pris pour élargir le cadre de la recherche tout en resserrant les liens avec les pays de la région. Sur ce point, de nombreux acteurs dominicains, institutionnels et privés, ont spontanément manifesté leur souhait de multiplier les relations culturelles et les échanges entre les peuples d’Haïti et de République dominicaine, qui ont bien plus qu’une île en partage.